Fleur d’edelweiss, miracle de la vie,
née de la pierre et tendue vers la lumière,
douce et veloutée comme un silence d’aube,
intacte encore, malgré la main qui espère.
Belle, mais non pour la hâte des mains,
seulement pour l’œil qui sait reconnaître,
car dans le calme des sommets lointains
tu vis comme une prière sans maître.
Tel le coquelicot des plaines ouvertes,
qui meurt dès qu’on le cueille sans raison,
ainsi l’âme, lorsqu’elle est mal offerte,
se replie au fond de sa maison.
Il est des amours trop vite fanées,
fleurs arrachées puis abandonnées,
qui perdent leur feu, leur vérité,
dans la précipitation des cœurs fermés.
Car toute vie demande lumière et soin,
non la prise, ni le désir de posséder,
mais un regard assez pur, assez loin
pour garder sans jamais briser.
Et seul un diamant jumeau, lorsqu’il aime vraiment,
ne flétrit pas ce qu’il effleure de sa main,
car il sait que dans l’autre vit son élan
et blesser l’un, c’est blesser demain.
Fleur d’edelweiss… monument de la nature,
victoire de la lumière née de la pierre,
souffle blanc des hauteurs pures,
où l’espoir lui aussi apprend à croire.
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